Domaine Baud Génération 9

Domaine Baud Génération 9

 

Un vignoble où les mots de famille, d’histoire et de savoir-faire prennent tout leurs sens.

 

Le Domaine Baud Génération 9 est une propriété familiale du Jura dont les origines remontent au milieu du 18ème siècle. Même si la cave se situe sur Le Vernois le domaine est l’heureux propriétaire de 25 hectares répartis sur trois gros secteurs : L’Etoile (3 hectares), Château-Chalon (3,5 hectares) et en Côtes du Jura (18 hectares).

Aujourd’hui le Domaine Baud Génération 9 est géré par Clémentine et Bastien Baud. Ensemble ils produisent 25 cuvées différentes soit environ 150.000 bouteilles annuellement. Cela comprend des crémants, aux blancs, rouges, rosés, des Macvins et bien entendu vins jaunes. Ils distillent également quelques liqueurs de fruits (mirabelle, poire) et produisent des jus de fruits (pomme, raisin). Ces derniers permettent notamment aux enfants, lors des visites, de faire comme les grands en dégustant. Partons ensemble à la rencontre de cette fratrie unie, soudée et passionnée par une même chose, les vins du Jura !

 

Pourquoi avoir fait le choix de faire du vin ?

« Je pense qu’il y a une partie de conscient et une partie d’inconscient. On a été élevé par nos parents qui étaient dans ce milieu, bercés dans le monde de la viticulture. Toutefois nous avons fait nous-même (avec mon frère) le choix d’être vigneron. On n’a jamais été forcé ou obligé à faire quoi que ce soit.

Initialement je n’étais pas partie dans cette branche d’activité. J’ai fait des études de commerce et de langues étrangères…je voulais partir à l’étranger, travailler l’export, apprendre différentes langues. Je savais que je voulais être dans le commerce mais je n’avais pas encore pensé à travailler au domaine.

Mon frère, lui, a toujours été quelqu’un qui aime être à l’extérieur, travailler le sol, bricoler ou mettre ses mains dans la mécanique. Il ne s’est jamais posé la question, il a toujours voulu être vigneron… C’était inné. Il savait qu’un jour où l’autre il allait revenir travailler sur le domaine.

Moi c’est venu un peu après… Quand j’ai fait mes études j’avais de grandes vacances et je venais travailler dans les vignes ainsi qu’aider mon père au niveau du commerce.

Tout a commencé comme une blague entre mon frère et moi, j’arrivais à la fin de ma licence de langue, je cherchais ma voie et je lui ai dit : pourquoi pas continuer mes études mais dans le vin ? Et si on faisait nos études ensemble ? C’est partie d’une discussion et en réfléchissant je me suis dit, j’aime le commerce, le vin je l’ai dans le sang, j’ai toujours vécu à ce rythme-là ça me semble au final très naturel comme projet. Je me suis dit que j’avais un beau domaine, une belle entreprise familiale et que je pouvais trouver ma part en m’occupant du commerce. En attaquant mes études de vinif-œnologie j’ai alors réalisé que j’adorais ça. J’avais donc trouvé mon secteur de prédilection, j’étais bien, j’avais le feeling, j’étais à l’aise sans me rendre compte à quel point je connaissais déjà les choses. J’étais familière avec ce domaine d’activité. Mon frère était en technique et moi en commerce (spécialisation en gestion-entreprenariat), on se complémente donc parfaitement. Le 1er janvier 2016, on s’est officiellement installé comme jeunes agriculteurs.

 

Avec mon frère on est très complémentaire, c’est ça qui fait notre force. Quand mon père et mon oncle sont partis à la retraite il y avait 19hectares de vignes. On savait qu’une seule personne ne pourrait pas gérer 19hc de vignes, le commerce et la production. Pendant des années, mon père a dû se poser la question de comment mon frère fera s’il était seul a reprendre… Aujourd’hui Bastien est spécialisé dans l’œnologie et les vignes et moi je m’occupe du commerce, gestion, export. Toutefois on est ensemble pendant les vinifications, on travaille les assemblages ensemble…On fait tout de même beaucoup de chose ensemble c’est ça aussi qui est intéressant dans notre travail, c’est cette pluralité des taches et le fait de travailler en famille. »

 

Si vous deviez décrire ce que le vin représente pour vous en simplement quelques mots, que diriez-vous ?

« Au domaine on est familiale et chaleureux. On est toujours en famille, nos cousins, cousines, tantes et oncles participent toujours et donnent des coups de main. Malgré nos 22 hectares actuels de vignes on a gardé ce côté familial dans la gestion, même avec nos salariés il faut qu’ils se sentent comme de la famille. »

 

Quelle est la signature du Domaine Baud ? Qu’est ce qui permet de le reconnaitre en dégustation à l’aveugle ?

« Je dirais que le style de nos vins (et malgré le fait qu’ils soient vinifiés par des hommes) peut être qualifié de féminin. Sur nos Chardonnay et nos Savagnins on va aller var des choses élégantes, assez rondes en bouche. On cherche la finesse, un peu de rondeur, du gras, un bon équilibre ainsi que nos vins ne soient pas trop sur le côté oxydatif. »

 

D’où vient le nom de la propriété ?

« Le nom de la propriété s’est transmis de génération en génération. Dans la famille nous sommes vignerons depuis 1742, avec mon frère on est donc la 9e génération. C’est les archives municipales qui nous ont permis de remonter jusqu’à cette date avec Jean-François Baud qui à l’époque vivait de polyculture. Avant notre installation c’était Domaine Baud Père et fils. C’était classique mais à l’époque le fils ainé généralement reprenait l’exploitation. Donc pour la 1ère fois, une fille est arrivée dans l’exploitation. On a donc fait évoluer le nom pour que chacun puisse trouver sa place, d’où le nom Domaine Baud génération 9. »

 

Pourriez-vous nous parler de vos terroirs ?

« Nous avons 3 terroirs différents sur la propriété. Sur nos vignes en appellation Etoile, on est sur du calcaire. Durant les vinifications on va chercher la minéralité, le côté pierre à fusil et une belle fraicheur. On est sur des vins 100% chardonnay. Pour que le Chardonnay reflète l’expression du terroir ils sont vieillis dans des foudres vieux de plus de 100 ans qu’on a sur le domaine. On ne veut pas que le bois donne de tannins ou un coté boisé, l’idée est vraiment d’apporter un peu de rondeur pour magnifier l’expression du terroir.

Sur nos vignes situées à Château-Chalon nous sommes sur les fameuses marnes. Ces marnes bleues et blanches correspondent aux plus veilles périodes de l’histoire.

Le reste du vignoble est en en AOC Côte du Jura qui est principalement composé d’argilo calcaire.

 

Dans le Jura, contrairement à la Bourgogne, on travaille beaucoup moins avec la notion de Climat car ce qui fait la force des vins du jura c’est l’élevage, notamment sur le côté oxydatif. Par contre on va faire des cuvées pour distinguer certaines parcelles. Par exemple les parcelles les plus jeunes donneront un peu plus de rendements ce qui mènera a avoir un Chardonnay florale, fruité, gourmand. On fait également des sélections parcellaires pour les plus vieilles vignes du domaine plantées dans les années 1930/1940 avec peu de rendements. Là on va plus rechercher la richesse et la concentration. A la dégustation elles donneront un vin offrant un petit côté noix très léger ainsi que de jolies notes de pomme (qui est l’expression de nos vieilles vignes). Mais c’est l’élevage qui nous distingue également d’autres régions viticoles. »

 

Avez-vous des projets pour le Domaine Baud Génération 9 ?

« On vient d’atteindre le niveau 3 de Terra Vitis. J’aimerai également, à moyen terme la certification HVE. Le niveau 3 Terra Viti y correspond mais la passerelle n’existe pas. Ensuite, si tout se passe bien, dans une dizaine d’année on aurait pour projet de construire un niveau bâtiment avec un caveau de dégustation, une chai enterrée vitrée pour développer le côté œnotourisme. On souhaiterait également essayer la biodynamie sur 3 ou 4 hectares.

 

Également, mais sur un tout autre sujet depuis cette année on a mis en place un petit club de dégustation avec les clients fidèles du domaine, ceux qui sont passionnés de vins. Un vendredi par mois, on présente une région et un vigneron. Ça permet de déguster ensemble les richesses du terroir Français car au final on se rend compte que dans chaque région viticole on consomme les vins locaux et donc on connait assez mal les produits des autres régions de notre beau pays. Ce club est en place depuis le 1er janvier. »

 

Pourriez-vous nous recommander un accord mets & vin ?

« Il y a tellement à faire, à imaginer… Avec notre Château-Chalon on peut vous proposer de faire de petites verrines d’escargots à crème parfumée au vin jaune et quelques des morilles.

Plus classiquement, un joli morceau de foie gras avec… »

 

Avez-vous une anecdote à nous livrer ?

« Ma grand-mère était originaire de Haute Saône. Ses parents travaillaient pour une famille bourgeoise, c’était des servants. Un jour, mon arrière-grand-père s’était mis en tête qu’il allait gagner au loto, à l’époque c’était la loterie nationale et il y avait un ou deux tirages par mois. A ce moment là c’était surtout les personnes aisées qui allaient à La Poste acheter des tickets, ils achetaient des liasses entières, 100/150 tickets. Le prix d’un ticket représentait un mois de salaire pour mes arrières grands-parents. Un jour alors que mon arrière-grand-père venait juste de recevoir sa paie, et bien entendu sans le dire à sa femme il est parti acheter un ticket…. C’était le ticket gagnant ! Suite à ça ils sont venus s’installer au Vernois, achetant une maison et quelques vignes. Mon grand-père a connu ma grand-mère, ils étaient la 7egénération. Leurs enfants Alain et Jean Michel ont repris. Ils étaient la 8e génération. »

 

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