Château Dauzac
Un Cru Classé synonyme de « Grand Vin » mais également d’histoire, d’innovation et d’écoresponsabilité !
Château Dauzac est une propriété viticole située en AOC Margaux et classé 5èmeGrand Cru Classé en 1855. Le nom de Dauzac apparait pour la première fois sur ces terres médocaines au 12èmesiècle lorsque Richard Cœur de Lion, fils d’Aliénor d’Aquitaine, duchesse d’Aquitaine, concède des terres au chevalier Pétrus d’Auzac. Ce célèbre roi avait pour habitude de récompenser les actes de bravoures durant des batailles par l’onction de terres.
A l’époque cette première parcelle se situé entre Macau le château actuel. Comme toujours à l’époque la propriété était menée en polyculture alliant ainsi différentes agricultures mais aussi l’élevage. Ce chevalier s’installa donc ici et y planta les premières vignes.
Château Dauzac était jusqu’à récemment la propriété de la MAIF. Il fut récemment vendu à Mr. Christian Roulleau, entrepreneur breton à la tête du groupe SAMSIC. La propriété s’étend sur 120 hectares d’un seul tenant dont 49 hectares sont plantés en vignes. Partons ensemble à la rencontre de Mr. Laurent Fortin, directeur général de ce vignoble, pour qui Dauzac est plus qu’un simple « poste », mais une véritable passion !
Quelle est la signature des vins de Dauzac ? Qu’est ce qui permet de les reconnaitre en dégustation à l’aveugle ?
« Ils offrent une certaine puissance tout en ayant des tannins élégants et ronds. Par rapport aux autres Margaux il me semble qu’on est un petit plus puissant et un peu plus « plein ». Généralement on vieillit un peu moins vite au niveau des tannins et du fruit. Nos vins sont beaucoup sur le fruit et la jeunesse. Nous avons également toujours une belle fraicheur sur la final et une belle longueur en bouche. »
Vous travaillez beaucoup sur l’impact environnement de la propriété et de sa production. Pouvez-vous nous en parler ?
« Cette démarche écoresponsable n’est pas nouvelle chez nous et touche toutes les facettes de la propriété. Ce que je veux dire c’est que nous l’appliquons autant à la vigne, au chai, aux jardins, aux prairies, qu’aux bâtiments. Nous avons été, par exemple, les premiers avec Gruaud-Larose à mettre en place en 1999 la confusion sexuelle. Partant de là cela nous a permis de diminuer puis de totalement supprimer les anti-botrytis et autres intrants. Ça nous a permis de refaire vivre les sols, de dynamise la faune et la flore et au final cette augmentation qualitative de la vie de nos terroirs se fait ressentir dans le vin ! En ne tuant plus la « faune » naturelle de la vigne vous permettez aux prédateurs naturels des différents insectes de revenir, comme par exemples les araignées.
Nous produisons aussi notre propre fumier fait à partir de vache d’un voisin éleveur qui viennent brouter sur nos prairies. On le dynamise et on l’épampre sur nos sols. Le sol fonction comme un tube digestif, si vous apportez des nutriments à dégrader les lombrics réapparaitront et feront leur travail. Au final grâce à tout cela nous avons des sols très vivants et très riches !
Nous avons également replanté des haies qui servent à nicher aux animaux. Elles nous sont également extrêmement utiles car elles attirent les ravageurs de la vigne. Donc au lieu d’avoir les insectes qui vont ravager nos vignes (et nos raisins) et donc nous obliger à utiliser des produits qui vont être nocifs, ces rongeurs vont naturellement dans les haies. Elles deviennent de véritables lieux de vie !
Nous ne désherbons pas non plus. Si vous regardez nos rangs de vigne, ils sont verts ! Ce couvert végétal naturel est composé d’herbes, de fleurs etc… ce qui attire les abeilles, les insectes et donc les oiseaux (qui sont des prédateurs naturel). Quand l’herbe fait trop de concurrence à la vigne alors nous travaillons mécaniquement les sols. Mais pas profondément pour ne pas tuer l’écosystème. Par contre à partir du mois de juillet nous ne labourons plus les sols, nous coupons l’herbe. L’idée étant de laisser ce tissu végétal se développer afin qu’il se dégrade l’hiver et donc favorise la vie de nos sols.
Je pense que l’une des belles preuves, en plus de la richesse de nos sols, de la bonne santé de notre vignoble c’est que le lac qui se situe au milieu de la propriété et qui donc récupère toutes les eaux de pluie a vu revenir il y a plus d’une dizaine d’année les écrevisses. Depuis chaque année nous en avons ! Nous avons également installé des ruches dans la prairie pour produire du miel. Nous avons une bonne santé de nos ruches (peu de mortalité, belle production, pas d’abeilles qui « s’échappe ») ce qui nous permet également d’évaluer le niveau de santé de notre vignoble. Le tout dans cette démarche est de trouver un juste équilibre entre laisser faire la nature et la guider par moment. L’excès, quel que soit le sens (ndlr. Trop interventionniste ou pas du tout) est mauvais. On se doit dans une propriété telle que Dauzac qui fait 120 hectares d’un seul tenant, ce qui est une très grande propriété, d’avoir en tête toutes les générations futures. On ne peut pas faire n’importe quoi ! Le terroir est notre passion mais également notre ‘gagne pain’. »
Avec quoi protégez-vous donc votre vignoble et d’où cela vient ?
« Nous n’avons que 49hectares (sur 120) plantés en vigne. Le reste c’est une zone de biodiversité. Philippe Roux, qui est notre directeur technique y plante des essences / plantes aromatiques qui vont nous servir à faire des tisanes qui seront utilisés pour protéger le vignoble. La grosse problématique c’est qu’on travaille selon la biodynamie. Si on veut pousser la logique plus loin, travailler en biodynamie mais faire venir des plantes d’Amérique du Sud ou d’Asie, pas forcément cultivées en Bio, serait au final assez contradictoire. On a donc fait le choix de tout cultiver ici. C’est important de conserver une cohérence de terroir… En poussant ici les plantes aromatiques prennent l’énergie local… Et cela y fait ! Nous avons constaté que les plantes qui ont poussé ici fonctionnent souvent beaucoup mieux. Il y a donc une réaction que nous n’expliquons pas mais qui est réelle. Actuellement nous sommes d’ailleurs en train de rénover l’ancienne boulangerie du château afin de la transformer en ‘tisanière’ pour faire sécher nos plantes.
Nous travaillons également avec des algues produites sur le bassin d’Arcachon, une fois séchées et broyer elles nous sont très utiles pour lutter contre le mildiou »
Vous avez une anecdote particulière sur Dauzac ?
« Château Dauzac a dans son ADN l’innovation, par exemple c’est ici que la bouillie bordelaise a été inventée tout comme la thermorégulation. Quand la famille Bernat était propriétaire de Dauzac elle a été confronté dans le dernières années à un millésime très chaud. Afin de protéger les cuves ils ont rempli des sacs de jutes avec des pains de glace pour les disposer autour des cuves afin de les refroidir. Aujourd’hui nous continuons d’innover comme car exemples avec nos cuves à doubles parois transparentes qui facilite beaucoup notre travail au chai ou encore le fait que nous ne faisons pas de pigeage classique ou de délestage mais nous travaillons avec du gaz qui dans la cuve va permettre d’éviter la solidification du chapeau tout en permettant d’extraire. Pour résumer je dirais que nous travaillons avec l’esprit du Kaizen qui consiste à refaire le même travail tout en chercher à continuellement l’améliorer. Nous cherchons constamment à rendre plus efficace notre travail, à l’améliorer et au final à améliorer continuellement notre qualité. »
Remerciements à Laurent Fortin et Philippe Roux pour leur chaleureux accueil
Château Dauzac