Château Grand-Puy Ducasse
Des vins droits, fins, racés, élégants… Une belle valeur de Pauillac !
Le Château Grand-Puy Ducasse est une propriété médocaine de 40 hectares située en AOC Pauillac. Il fut élevé au rang de 5ème Grand Cru Classé en 1855.
Arnaud Ducasse fonda la propriété au milieu du XVIIème siècle par l’acquisition de terres et d’une petite maisonnée à Monsieur Jacques de Ségur, Seigneur de Lafite. Son petit-fils, Pierre Ducasse fut le principal artisan de l’agrandissement du domaine familial. Il acquit de nombreux hectares de vignes sur les communes de Pauillac, Saint-Lambert, Saint-Sauveur ainsi que sur trois seigneuries de l’époque : Lafite (Pauillac), Latour (Pauillac) et Beychevelle (Saint-Julien).
A sa mort en 1797 la propriété s’étendait sur une soixantaine d’hectares. Son fils, Arnaud Ducasse continua l’œuvre de son père : il planta des vignes sur les terres précédemment acquises et fit également construire l’actuel Château Grand-Puy Ducasse.
En 1971, après deux siècles à la tête du domaine, la famille Ducasse céda la propriété à des négociants de la place de Bordeaux. En 2004, le Château Grand-Puy Ducasse fut racheté par CA Grands Crus avec pour objectif de redonner ses lettres de noblesse à ce Grand Cru Classé de Pauillac.
D’où vient le nom du Château Grand-Puy Ducasse ?
Le nom est issu de la combinaison du nom de famille du fondateur du vignoble, Arnaud Ducasse et du nom du lieu-dit Grand-Puy. Le nom initial de la propriété au moment de son classement en 1855 était Château Artigues-Arnaud Grand-Puy, mais peu de temps après Mr Ducasse le fit rebaptiser de son nom.
Si vous deviez décrire votre passion en 3 ou 4 mots que diriez-vous ?
« Je dirais : passion, partage, exemplarité et pérennité. Le dernier (ndlr : pérennité) doit s’entendre pour l’agriculture pratiquée, mais également parce que la vigne, contrairement à d’autres cultures, est une plante pérenne. Quand on plante c’est pour les générations futures… La notion de transmission est très importante dans notre métier. »
Quelle est la signature de Grand-Puy Ducasse ? Qu’est ce qui permet de reconnaître les vins en dégustation ?
« C’est une question un peu compliquée car la signature d’un vin est le résultat de l’addition du terroir et de l’action de l’Homme. Dans leur jeunesse, les vins expriment plus volontiers l’action de l’Homme mais après, en vieillissant le terroir prend le dessus ».
De nombreuses choses ont été revues au Château Grand-Puy Ducasse depuis sa reprise par CA Grands Crus en 2004. La « signature » de Grand-Puy Ducasse s’en est retrouvée légèrement modifiée. En particulier, un plan de restructuration important a été mis en place au vignoble : travail du sol, replantations… Notre vignoble n’est dominé par les Cabernets Sauvignon que depuis peu de temps. Nous avons également fait évoluer la vinification vers plus de sélection parcellaire, une meilleure maîtrise des extractions, des températures de vinification et macération… Depuis 2006 nous continuons de faire évoluer doucement le vignoble, les vinifications ainsi que les vins avec comme ambition une recherche permanente de l’amélioration qualitative.
Les vins du Château Grand-Puy Ducasse sont des vins droits et très francs. Ils peuvent aussi, dans certains cas, notamment dans leur jeunesse revêtir une certaine austérité. Celle-ci passe avec le temps et laisse place à des vins au style de plus en plus affirmé. Une fois que de beaux et bons raisins sont récoltés, le plus important pour nous est d’adapter l’extraction ainsi que le boisé au potentiel structure/fruit et au millésime.
Les vins de Grand-Puy Ducasse seront toujours des vins droits, longs et racés. Dans cette notion de ‘race’ on retrouve souvent des notes de cèdre (qui ne viennent pas de la barrique car on les retrouve déjà en cuve) et de cave à cigares. On y retrouve aussi des notes fraîches, réglissées et des notes fruitées de baies noires ou rouges en fonction des millésimes. Le Château Grand-Puy Ducasse produit des vins structurés. Ils ont besoin de vieillissement et le plus souvent d’être carafés/oxygénés. »
Focus sur Anne Le Naour, Directeur Technique de CA Grands Crus
« Je suis d’origine Parisienne. Je n’avais pas de liens particuliers avec le monde du vin à l’exception du fait que mes parents étaient dans les métiers de bouche. Cela m’a permis d’acquérir une sensibilité aux goûts, aux odeurs et de manière plus générale à la gastronomie française.
Le hasard des études m’a mené à faire une formation scientifique, math sup / math spé avec une spécialité biologie, puis des études en agronomie. Arrivée en première année avec pour objectif de devenir ingénieur agronome, j’ai réalisé que j’étais loin de la biologie qui m’intéressait à l’origine. Je me suis naturellement orientée vers les métiers de la production du vin et du fromage.
Ces deux produits présentent de nombreuses similitudes auxquelles j’étais sensible : un impact fort du lieu de production (le terroir, les Hommes…), un produit agricole transformé, connu et reconnu à l’international, non-délocalisables. Vins et fromages sont vecteurs de la renommée de la France à l’étranger, mais aussi vecteurs d’Histoire, de partage, de culture et de convivialité. Afin de faire mon choix je me suis alors dit que j’allais faire un stage dans ces deux domaines, puis que je me déciderais. J’ai fait mon premier stage dans le monde du vin et finalement je suis restée dans ce secteur car il m’a passionnée. »
Pourquoi avoir fait le choix de venir travailler dans le vignoble de Bordeaux et non ailleurs ?
« J’ai fait des stages dans quasiment toutes les grandes régions viticoles de France. Sitôt mes études achevées, je suis partie travailler en Australie (Yarra Valley). J’aimais l’idée de pouvoir travailler dans un vignoble non loin d’une grande agglomération et Bordeaux s’est naturellement imposé. La taille des exploitations ainsi que les perspectives d’embauche pour un ingénieur agronome m’ont également confortée dans mon choix. Après mon épopée australienne et même si ce pays et ses perspectives m’intéressaient beaucoup, j’ai décidé, pour des raisons personnelles de revenir en France. J’ai alors occupé un poste de suivi de propriétés, d’œnologue pour la Maison Ginestet qui, à l’époque, avait des contrats de suivi avec des petits producteurs. S’en est suivi un poste de responsable de chai pour William Pitters International, au sein du groupe Bernard Magrez. A la cession de WPI, j’ai suivi Bernard Magrez dans son projet en propriétés et j’ai travaillé pour lui pendant plus de sept ans. En janvier 2010 j’ai eu l’opportunité de reprendre la direction technique de l’ensemble des propriétés bordelaises de CA GRANDS CRUS et notamment du Château Grand-Puy Ducasse. C’était un très beau challenge, car plusieurs d’entre-elles s’identifiaient aisement comme de « belles endormies ».
En sept années on a fait évoluer beaucoup de choses.
Concernant les autres propriétés du groupe, nous avons également effectué un gros travail au Château La Tour de Mons, au Clos Saint Vincent (repris en 2011) où on est passé de 5 hectares à 17 hectares où encore au Château Meyney que nous avons ramené à des niveaux de qualité en lien avec le magnifique terroir et les capacités de production. »
Comment menez-vous le vignoble ? Avez-vous un type d’agriculture en particulier ou une démarche en cours ?
« On est en cours de certification SME et 14001 pour l’ensemble des propriétés du groupe. Le Château La Tour de Mons l’a déjà obtenu et l’ensemble des propriétés devrait l’être logiquement en juin 2017.
Actuellement nous gérons le vignoble en agriculture raisonnée, mais nous faisons également des tests de management sur certaines parcelles en agriculture biologique, en biodynamie ou en appliquant d’autres types de pratiques qui interdisent l’utilisation de molécules de synthèse. Il est important de mesurer notre empreinte environnementale, mais il faut l’intégrer dans une démarche plus globale.
En effet il n’y a pas que la protection de l’environnement, il y a aussi celle des travailleurs de terrain et du consommateur. Les économies d’énergies et autres démarches RSE doivent également être prises en compte. »
Que pensez-vous du dernier millésime (2016) ?
« Depuis que je suis arrivé à Bordeaux en 2001 je n’ai jamais vu un millésime qui soit à ce point bon autant qualitativement et quantitativement. Quantitativement, nous sommes relativement proches de 2004 ou de 2007. Qualitativement, c’est à mon sens le plus grand millésime depuis 2010. »
Comment voyez-vous l’avenir pour le Château Grand-Puy Ducasse ?
« Je le vois dans la poursuite d’un progrès qualitatif notable, dans l’amélioration de la sélection parcellaire et dans l’amélioration de la maitrise des température.
Nous n’avons cessé de faire progresser notre outil ces dernières années et ne manquons pas d’idées pour poursuivre dans ce sens et continuer d’aider à l’expression du terroir du Château Grand Puy Ducasse. »
Côté anecdote :
« Quand je suis arrivée en janvier 2010, il y avait un maitre de chai et un chef de culture en poste. Le maitre de chai était un peu las de son expérience à Grand-Puy et notre collaboration fut de courte durée. Nous avons donc recruté Cécile Bernier pour le remplacer. Malheureusement le chef de culture a dû également nous quitter peu de temps après suite à une maladie, nous avons dû aussi lui trouver un remplaçant. Nous nous sommes retrouvés avec une nouvelle équipe, jeune, sans expérience sur ce vignoble…
Ce fut une expérience unique car nous étions trois ‘nouveaux’ techniciens à découvrir un vignoble pour la première fois. Cela nous a apporté du challenge et nous a aidé à construire une équipe unie et au diapason. »
Remerciements à Anne Le Naour ainsi qu’à Marine Lemmens pour leur chaleureux accueil.
Choukroun Chicheportiche Jonathan
Château Grand-Puy Ducasse
4 Quai Antoine Ferchaud,
33250 Pauillac
+33 (0)5.56.59.00.40