Château Haut Bacalan
Une propriété chargée d’histoire créée par le grand Montesquieu
Château Haut-Bacalan est une ancienne propriété créée par monsieur de Montesquieu. Il y avait déjà quelques vignes de son temps mais il agrandi la propriété jusqu’à trente hectares. Elles furent plantées sans l’accord du roi Louis XIV. La joute littéraire qui s’en suivie donna l’avantage au philosophe qui prit l’habitude d’exporter sa production en Angleterre. A plusieurs reprises dans ses écrits, il parle de la propriété qui lui servait notamment de pied a terre.
« Montesquieu, du temps où il était propriétaire du domaine, avait développé la maison et planté une trentaine d’hectares. A la fin de sa vie il avait de grandes difficultés à se déplacer. Il vendit alors la maison et les vignes à la famille de Bacalan pour acquérir une propriété de l’Entre-deux-Mers, plus adaptée à son handicap. Les nouveaux propriétaires étaient issus d’une famille de notables Gascons arrivés ici avec les rois de Navarre. Ils étaient déjà propriétaires de tous les quais qui portent leur nom et étaient armateurs, marchands.
Cette famille conserva la propriété pendant plus d’un siècle avant de la revendre dans les années 1920 à la famille Cami. C’est en 1998 que j’ai racheté Haut-Bacalan à Mr Gilbert Cami (né dans la propriété !). J’ai alors de suite replanté le vignoble. Mon premier millésime fut le 2001. Aujourd’hui, Château Haut-Bacalan s’étend sur 25 hectares (dont 8 hectares de Pessac-Leognan rouge et 50 acres en blanc), nous produisons en moyenne 28.000 bouteilles par an. Les sol sont travaillés vigne a cheval. Nous cultivons selon les principes de la biodynamie. J’ai en projet de sédentariser les chevaux sur la propriété et de créer une petite écurie. »
Focus sur Charles-Henri Gonet, propriétaire du Château Haut-Bacalan. Pourquoi travaillez-vous dans le vin ?
« Je me suis intéressé à beaucoup de domaines, mais j’ai toujours gardé un pied dans la viticulture. Même si je suis né en Champagne dans une famille de vignerons, j’ai étudié en Bourgogne la viticulture, puis ai été stagiaire dans la vallée du Rhône, mais c’est à Bordeaux que je me suis établi.
Une partie de mes travaux a été d’étudier la culture la vigne en milieu hydroponique. J’étais convaincu de l’importance de produire des vins intéressants du matériel génétique. La notion de grand terroir me laissait alors plus interrogatif. L’appréhension des grands Bordeaux m’a ouvert les yeux, et je suis aujourd’hui un inconditionnel des vrais terroirs. »
Pourquoi avoir fait le choix de venir vous installer à Bordeaux et non en Champagne ?
« Nul n’est prophète en son pays.
Et c’est bordeaux qui m’a choisi,
Enfant de champagne je rêvai far ouest,
J’ai trouvé le sud ouest.
Sa culture ma ravi
Son atmosphère me réjoui. »
Pourquoi avoir fait le choix d’acquérir Château Haut-Bacalan ?
« J’ai trouvé cette propriété un peu par hasard. Ici avant il y avait des vaches et des cochons car l’ancien propriétaire avait reçu des subventions dans les années 60 pour arracher les vignes. En 1997 m’a femme lit une petite annonce dans le journal local. Nous cherchions un lieu d’habitation. L’annonce évoquait une maison et de la vigne à Pessac. Connaissant les châteaux de la commune, j’étais très surpris.
J’ai mis un peu de temps à venir la voir. Puis un jour passant dans les environs, je me suis arrêté. Je suis alors tombé par hasard sur le propriétaire qui me demanda si je venais pour la maison. Je lui répondu que je venais certes pour la bâtisse mais aussi pour le terrain, pour un peu les deux à vrai dire. Le terrain était déjà pré-vendu à un domaine qui souhaitait agrandir son vignoble en AOC Pessac-Léognan. Il me répondit que lui préférait vendre les deux pour ne pas démanteler la propriété, et que si j’étais intéressé il me vendrait l’ensemble. Je me suis alors promené sur le domaine et le terroir m’a immédiatement plus. Le week-end suivant mon père était descendu de Champagne pour différentes raison je lui ai dit que j’allais lui montrer paradis qui n’était pas le type de bien que je recherchais à la base. On est arrivé pour visiter et rencontrer le propriétaire. On a fait le tour ensemble.
J’ai interrogé mon père sur son ressenti. Il m’a répondu que tous les ingrédients étaient présents pour faire de belle chose, et que si je le ressentais, il fallait avoir confiance. J’ai aussitôt confirmé au propriétaire que je me portais acquéreur. En repartant j’ai appelé ma femme qui travaillait encore au Samu pour lui dire. Sur le moment nous étions jeunes mariés, elle m’a reproché le manque de dialogue conjugal. J’ai répondu que c’était son cadeau de mariage… maintenant c’est notre maison familiale, notre cocon et il n’est pour personne envisageable de vendre cette maison. »
Quelle est la signature des vins du Château Haut Bacalan ? Qu’est ce qui permet de les reconnaître en dégustation à l’aveugle ?
« C’est avant tout la maturité, la concentration, le fruit et le terroir. Ce sont des vins complets. Les Pessac-Léognan sont de manière générale des vins facile à boire, qui offrent une certaine souplesse, une certaine légèreté mais avec parfois des petits creux en milieu de bouche. C’est une chose que l’on ne trouvera jamais sur les vins de Haut-Bacalan car ce sont des vins pleins. Ce sont des vins linéaires, sans creux et qui ressemblent en certains points à des Saint-Emilion.
Mon objectif, mon souhait est d’être capable de faire à travers le terroir mon optimum, d’avoir de beaux fruits et de la puissance. Tout est fait pour optimiser la qualité à la vigne. On travaille les sols avec des chevaux pour respecter le tassement.
On prend soin de l’environnement, on vit ici, c’est notre nid. Sur Haut-Bacalan on ne fait aucun sacrifice sur la qualité. On ne mégote sur rien et le résultat est là, le produit aussi.
Au Château d’Eck on produit des vins plus facile à boire, plus fait pour la restauration. Là-bas on est sur des sables et des terroirs plus ‘légers’. »
Si vous deviez définir ce que le vin représente pour vous en quelques mots ?
« Je dirais que le vin est mon intellect, ma richesse intérieure et ma vie ! »
Avez-vous des projets particuliers pour le Château Haut-Bacalan ?
« Des projets on en a toujours. J’aimerais diffuser mon vin partout dans le monde, le faire connaître, le faire déguster, le faire savoir et le faire apprécier des amateurs.
J’ai également en projet, mais sur du très long terme, de revoir les bâtiments. J’ai un copain architecte qui veut que l’on refasse la maison telle qu’elle l’était sous Montesquieu. Je voudrais aussi détruire les chais actuels pour les remplacer par des chais enterrés. Je trouve ça génial mais pour le moment financièrement ce n’est pas envisageable. Je suis viticulteur donc il faut que la propriété s’autofinance et qu’elle me permette de nourrir ma famille.
Dans l’avenir on souhaiterait s’ouvrir encore plus à l’oenotourisme, surtout que notre positionnement géographique est parfait pour cette activité. »
Côté anecdote :
« Quand je voyage, même si c’est pour des vacances en famille, je dois gouter ce qui se fait localement. Récemment j’ai été au Monténégro et en Croatie. J’avais besoin de voir ce qui se fait, je n’y suis pour rien, c’est plus fort que moi ! C’est comme un intellectuel qui a besoin de voir ce que pense les autre. J’ai une forte curiosité sur les vins. Je goûte tout, j’ai un œil très professionnel. Autant je peux être clément sur des jeunes qui se lancent, autant sur les grands vins je le suis beaucoup moins ! »
Remerciements à la famille Gonet pour son chaleureux accueil.
Choukroun Chicheportiche Jonathan
56 Rue du Domaine de Bacalan,
33600 Pessac
+33(0)5 57 24 51 23