Rencontre avec l’un des joyaux du Pessac-Léognan
Le Château Haut-Bailly est une propriété familiale du Pessac-Léognan, classée Grand Cru Classé de Graves en 1953
« C’est probablement depuis le Moyen-Âge que nous faisons du vin à Haut-Bailly. Notre terroir a toujours intéressé des hommes remarquables qui ont su desceller son potentiel et n’ont eu de cesse de le révéler. Dès 1461, les archives locales font état de l’excellence de ces terres pour la culture de la vigne. » Au fur et à mesure le vignoble s’agrandit par l’acquisition de parcelles situés autour du château, parcelles toujours présentent actuellement dans le vignoble de Haut-Bailly. A vrai dire dès le milieu du 17ème siècle, grâce notamment à Firmin Le Bailly, le parcellaire de la propriété commence à être bien établit, ressemblant assez au parcellaire actuel. La propriété resta aux mains de la famille Le Bailly jusqu’en 1736, date à laquelle le négociant irlandais Thomas Barton fait l’acquisition du domaine. Le château connaitra de nombreux et différents (et puissants) propriétaires telle que la Famille Lafaurie de Monbadon. Ce n’est qu’en 1872, sous la direction d’Alcide Bellot des Minières que la demeure en pierre, telle qu’on la connait aujourd’hui, sera construite.
En 1955 la propriété est vendue à Daniel Sanders, puis à son fils Jean Sanders qui la conservera jusqu’en 1998, date à laquelle elle est acquise par Robert G. Wilmers, milliardaire américain à la tête de M&T Bank. Il en confia la gestion à Véronique Sanders.
Aujourd’hui le Château Haut-Bailly s’étend sur 30 hectares et produit en moyenne 160.000 bouteilles annuellement réparties en quatre différentes étiquettes différentes : Château Haut-Bailly, Haut-Bailly•II, HB (Pessac-Léognan) et Rosé Rose de Haut-Bailly (Bordeaux). Le Château Le Pape (Pessac-Léognan), propriété de la même famille, vient s’ajouter à la gamme.
Je vous invite à partir ensemble à la découverte de ce cru d’exception, en la compagnie de Véronique Sanders (Directrice Générale).
Pourquoi avoir choisi de faire du vin et non tout à fait autre chose? Ca a toujours été évident pour-vous?
« Après des études de littérature, d’économie et de communication à la Sorbonne, j’ai travaillé quelques années en tant que consultante entre Paris, Prague et Hambourg.
Mais depuis mon enfance, le vin fait partie de ma vie et de l’histoire de ma famille. Et ce n’est que lorsque nous avons vendu Haut-Bailly à Robert G. Wilmers en 1998 que ce dernier m’en a confié la direction.
Pour moi, le métier du vin et de la vigne est unique. Nous avons cette chance incroyable d’être à la fois connectés à la nature et à un univers international passionnant. Les journées se suivent et ne se ressemblent pas. La richesse de notre métier en fait une passion avant tout. »
D’où vient le nom de la propriété?
« Le nom de la propriété et de notre vin tient ses origines de l’un des propriétaires marquants du château, Firmin Le Bailly qui était un banquier parisien. A vrai dire et pour être plus précis, il ne racheta pas seul le domaine mais en association de Nicolas de Leuvarde.
Au XVIIème siècle, il acquiert la propriété et lui donne ses limites actuelles (33 hectares), avec l’intuition que ce terroir dispose d’une fort potentiel et d’une capacité à produire un très grand vin.
Dès 1630, Firmin Le Bailly rassemble d’importants capitaux et confère à la propriété sa dimension commerciale. Le nom “Haut-Bailly” est alors donné à la propriété, “Haut” puisque positionné sur l’une des plus hautes croupes de la rive gauche et “Bailly” en référence à son propriétaire. »
Quel terroir avez vous? qu’est ce qui fait sa spécificité / sa force?
« Château Haut-Bailly dispose d’un terroir unique. Situé au cœur des Graves, le vignoble est établi sur l’une des croupes les plus élevées de la rive gauche de la Garonne et bénéficie particulièrement des atouts topographiques de cette région (la pente naturelle permet un drainage efficace). Le climat océanique est également idéal. Mais au-delà̀ de la topographie et du climat, c’est la terre qui est la plus subtile des trois composantes du terroir. Enraciné sur un sol de sables mêlés à des graves provenant d’un glissement du tertiaire, le vignoble forme une mosaïque de parcelles aux caractéristiques complémentaires (drainage, restitution de la chaleur ou au contraire fraicheur et humidité). Chacun des quatre cépages (Cabernet sauvignon, Merlot, Cabernet franc, Petit Verdot) y trouve son terrain de prédilection. Le sous-sol constitue une autre spécificité de Haut-Bailly : il s’agit de faluns ou pétrifications de pierres et de coquillages fossiles, dont on peut observer quelques spécimens sur les murs du chai. La vigne y puise minéraux et oligoéléments nutritifs, qui sont gages de richesse aromatique et de fraîcheur.
La force de notre terroir, c’est également bien sûr nos vieilles vignes : une parcelle de 4 hectares de vignes centenaires où sont rassemblés 6 cépages différents : Cabernet Sauvignon, Merlot, Cabernet Franc, Malbec, Petit Verdot et Carménère. Ces vieilles vignes constituent environ 20% de l’assemblage final. »
Quelle est la signature des vins du Château Haut-Bailly ? Qu’est-ce ce qui vous permet de les reconnaitre en dégustation à l’aveugle
« L’identité de son terroir donne à Haut-Bailly un style unique, résultant d’une harmonie subtile entre finesse et concentration, souplesse et structure, douceur des tannins et richesse aromatique : la pureté́ de l’élégance. Dernièrement, une verticale de 20 millésimes organisée en l’honneur de Robert Wilmers a également démontré l’incroyable constance de nos vins, année après année.
Pour le vin ‘Haut-Bailly. II’ pour l’expliquer il faut faire un petit rappel historique. C’est en 1967 naît le Domaine de la Parde, qui devient en 1979 La Parde de Haut-Bailly. En 2018 La Parde Haut-Bailly se voit renommer après 50 années d’existence. Ce « N°II » assume être le reflet du grand vin. Il est issue des mêmes parcelles que Château Haut-Bailly et vinifiée de manière identique, Haut-Bailly•II est le fruit d’une sélection stricte et se distingue par un style marqué, charmeur, fait d’une élégance racée doublée de finesse. En bouche, il révèle une attaque veloutée, des grains soyeux, une souplesse et des arômes aimables, dont toute lourdeur est exempte. Sa fraîcheur et son ouverture aromatique procurent un plaisir accessible rapidement même si le vin fait preuve d’une aptitude au vieillissement non négligeable, d’une quinzaine d’années au moins.
En ce qui concerne le Château Le Pape il produit des vins fruités. La fraîcheur et l’expressivité du merlot les caractérisent. Ce sont des vins souples, à déguster 5 à 10 ans après la mise en bouteille. Grâce à l’expertise de l’équipe du Château Haut-Bailly, le Château Le Pape gagne en précision et en élégance. Il conserve un style qui lui est propre et le distingue des autres vins de la gamme Haut-Bailly. »
Avez-vous des projets pour la propriété ?
« Nous vivons dans une période d’accélération technologique, scientifique et climatique sans précédent. Notre devoir est de s’adapter à ces changements, c’est pourquoi depuis plusieurs années, nous préparons le Haut-Bailly de demain. Depuis juillet 2018, un nouveau chai est en construction : une prouesse technique, architecturale et environnementale que nous avons hâte de vous faire découvrir. Ca nous permettra d’aller encore plus loin dans le sens du détail.»
Avez-vous une anecdote sur la propriété
« Il y a un sentiment d’authenticité à Haut-Bailly qui fait que l’on s’y sent bien. C’est une propriété qui a une âme. L’harmonie y règne. De même qu’au Château Le Pape acquis en 2012 et où nous avons ouvert des chambres d’hôtes, c’est un havre de paix au cœur d’un vignoble et aux portes de Bordeaux… »
Remerciements à l’équipe du Château pour son chaleureux accueil.