Domaine Augustin
Une histoire de famille, de tradition mais surtout d’hommes !
Le Domaine Augustin est une petite propriété familiale situé sur les hauteurs de Banyuls. La propriété s’étend sur 7 hectares divisés en 10 parcelles. Même si chacune est différente de par le sol/sous-sol, l’altitude, l’ensoleillement/exposition, le cépage ou encore l’âge des vignes on peut tout deux même distinguer deux grands types de terroir. Le premier est en altitude et offre des terres fraiches, profondes et faisant face à la mer (Est). Le deuxième offre des sols moins profonds, moins riches et plus chaud.
Sur ces parcelles la famille Parcé produit chaque année trois vins : un premier vin rouge « Domaine Augustin » ainsi qu’une cuvée « Adeodat » qui est disponible en blanc mais également en rouge.
La famille Parcé est également l’heureux propriétaire du Domaine de la Préceptorie (Maury, Roussillon) ainsi que d’une société de négoce qui a pour philosophie d’aider à la renaissance, à la reconnaissance de certaines appellations du Languedoc-Roussillon riches en histoire, en traditions, en personnalités mais qui ont tendances à être oubliés ou dénaturés. « A travers cette activité nous ne souhaitons pas vendre notre nom ou notre signature mais le fruit du travail d’une communauté humaine, d’une œuvre collective où le produit et le groupe passe avant la mise en avant d’une marque/signature ». Partons ensemble à la rencontre Vincent et Marc Parcé.
Pourquoi avoir fait le choix de devenir vigneron ?
« J’ai eu la chance d’avoir la possibilité de continuer une histoire familiale et en plus d’avoir eu le choix d’accepter librement ou pas ce cadeau… ce qui n’est pas toujours le cas dans les entreprises familiales… C’est une grande responsabilité de reprendre le flambeau ! »
Quelle est la signature des vins de la propriété ? Qu’est ce qui permet de reconnaitre vos vins en dégustation à l’aveugle ?
« Dire que c’est moi qui l’ai fait serait un peu présomptueux car c’est un travail de famille. Nous faisons du vin tel qu’on aime en boire… Le vin fait vraiment partie de notre culture ! Nous ne faisons pas des vins stéréotypés pour des journaux, des critiques ou pour faire de belles étiquettes mais des vins de terroirs, sur le fruit, la gourmandise… des vins conviviaux faits pour être bu… On recherche le syndrome de la bouteille vide.
Ils sont issus de longues macérations mais ne sont jamais des monstres de concentration… le fruit avant tout ! »
Qu’est ce qui fait que votre terroir est si spécifique ?
« Ce qui fait la particularité de notre région, de notre terroir c’est la rencontre de la mer, de cet air marin avec la montagne. Il suffit de regarder GoogleMaps pour comprendre notre situation très particulière, cette avancée des Pyrénées dans la méditerranée. Notre vignoble bénéficie d’une grande amplitude d’altitude entre son point bas qui est au niveau de la mer et son point haut qui est à +400 mètres. Nous bénéficions d’un climat parfois chaud et sec grâce à la tramontane mais qui peut parfois être aussi très humide, avec une pluviométrie en dents de scie ainsi qu’avec des orages extrêmement violents. Par exemple la nuit du 30 novembre 2014 nous avons eu plus de 240mm de pluie en une seule nuit.
Nous avons sur notre vignoble des parcelles sur toutes expositions possibles ce qui est une richesse. Les sols sont pauvres. Egalement le vignoble bénéfice d’une architecture en terrasse, ceci pour tenir nos sols qui sont très instable. Ça nous interdit d’ailleurs l’utilisation de tout outils de labours mécaniques.
Tout ceci nous permet de faire des vins qui généralement s’accordent parfaitement avec des recettes terre-mer (queue de lotte au chorizo, cabillaud à la tomate…). »
Si vous deviez définir votre passion pour le vin, ce que le vin représente pour vous en 3 ou 4 mots, que diriez-vous ?
« Je dirais que pour moi c’est un enracinement de plusieurs générations dans un lieu précis : le vin, ce vin produit ici dans des conditions extrêmes c’est la vie… la vie donnée par mère nature. Faire du vin est une réelle passion encrée en moi. Je dirais que c’est un présent de la vie, c’est accepter de travailler dans un atelier à ciel ouvert, accepter de ne pas être maître mais d’être serviteur, accepter une nature généreuse mais également exigeante et qui peut parfois être dure. Il faut accepter chaque année de se remettre en question, d’adapter le travail au millésime… De ne pas rester sur des idées reçues. Pour faire du vin il faut savoir donner son temps, accepter le temps, apprendre la patience…accepter ne pas forcément comprendre. Il y a dans le métier de vigneron un désir de durer, de laisser une trace, de ne faire qu’accompagner la nature et en même temps être conscient que l’on est rien qu’une partie d’un tout qui nous dépasse ! » (Marc Parcé)
Avez-vous une anecdote sur la propriété ?
« Quand on reçoit, sur la propriété, des stagiaires ou des personnes qui veulent se lancer dans le vin on leur propose lorsque c’est possible de nous aider à la vigne. On les emmène alors sur une parcelle à désherber… à la main ! Nous n’avons pas de tracteur… Généralement après une heure ils nous demandent jusqu’où va la parcelle, si la fin est proche.
Nous avons encore, sur nos terroirs, une approche très manuelle, très terrienne… une approche qui peut se retrouver également chez certains vignerons de la Côte Rôtie, de la Savoie ou d’autres terroirs de très fortes pentes…mais c’est de plus en plus rare ! C’est un peu le défaut des vignerons actuels qui ont moins tendances à descendre de leur tracteur et donc à avoir un rapport différent à la terre.
Le risque est qu’avec la sur-mécanisation, les vignerons ne descendent plus de leurs tracteurs. Ainsi ils ont un rapport, une relation différente avec leurs parcelles, avec la nature : A petit moyens petites bêtises, à grand moyen grandes bêtises…»
Remerciements à la famille Parcé pour son chaleureux accueil
Choukroun Chicheportiche Jonathan
Vignobles Famille Parcé
54 av du Puig del Mas
66650 Banyuls sur Mer (France)
+33(0)4 68 81 02 94
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