Harlan Estate
Partons ensemble à la rencontre de l’un des plus grands vins de Napa Valley
Harlan Estate est une propriété viticole de Napa Valley qui se situe sur les hauteur du district d’Oakville, plus précisément entre To Kalon et Martha’s Vineyards. La propriété s’étend sur 100 hectares dont seulement 16 hectares sont plantés en vigne.
C’est en 1984 que le domaine fut fondé par Bill Harlan, promotteur immobilier passionné et collectionneur de grands vins. Même si la première vendange fut 1987 le vin ne fut pas commercialisé avant 1990. Dès les débuts Bill Harlan s’entoura de Michel Rolland (oenologue), de Bob Lévy (Directeur technique) ainsi que de Don Weaver (Estate Director).
Actuellement la propriété produit chaque année 24.000 bouteilles divisés en deux étiquettes: Harlan et The Maiden. Ils sont uniquement assemblés à partir des raisins cultivés sur la propriété et uniquement à partir de cépages bordelais. Même si Harlan Estate est un jeune domaine viticole il a su rapidement entrer dans le cercle très fermé des très grands vins de Napa Valley. Aujourd’hui H. William Harlan, fils de Bill Harlan remplace son père à la tête de la propriété.
Pourquoi avoir fait le choix de devenir vigneron ?
« Dès mes 17 ans j’ai su que je voulais travailler dans le monde du vin. C’est quelque chose de très inhabituel pour quelqu’un qui est issu d’une famille de médecin mais également pour un enfant issu de quatre générations de californiens du Sud.
J’ai tout de même hésité à suivre la voie familiale mais c’est à ce moment-là j’ai eu un beau-frère de 25 ans qui m’a présenter le vin, qui m’a ouvert la curiosité sur les vins du monde. J’ai alors su que je voulais faire partie de ce monde là que ca soit comme producteur ou alors tout simplement comme collectionneur.
A la sortie du lycée je savais que si je partais en médecine je pratiquerais probablement dans une grande métropole et non en zone rurale, ce que je ne voulais pas. A 19 ans j’ai alors fais le choix de rentrer à l’université UC Davis pour suivre un cursus d’oenologie. En participant aux premières heures de cours et aux premières dégustations dans les vignobles de Napa j’ai alors su que je voulais, que je devais vivre ici.
En effet je savais qu’en venant ici je pourrais faire tout ce que j’aime faire, travailler en extérieur, manuellement, combiner la science et la nature ainsi que produire à un produit, naturel, de gastronomie et qui est une forme d’expression artistique. C’est tout ce que j’aime faire, c’est un métier fait pour moi !
Nous avons la chance ici de vivre dans une région où il fait bon vivre, avec un très bon style de vie, de splendides lieux ainsi qu’avec un très bon niveau de culture.
J’aime tout ce qui fait la vie d’un vigneron et plus particulièrement les vinifications. La chance dans ce métier c’est que nous pouvons voyager, voir différentes partie du monde, gouter les terroirs et vinifier un peu partout. » (Bob Lévy)
Quelle est la signature des vins d’Harlan Estate ?
« C’est quelque chose de difficile à décrire avec de simples mots. Il est difficile d’expliquer avec des mots non techniques…. Pour bien comprendre il faut comprendre que de toutes ma carrière je n’ai travaillé que sur des vignobles de coteaux, à flan de montagne. J’ai une affinité, une attirance pour les Cabernet Sauvignon de coteaux et plus particulièrement en Napa Valley. Ils ont toujours un potentiel de puissance, de concentration, un potentiel qualité ainsi qu’une typicité très particulière et assez reconnaissable. C’est ce qui en fait la signature de ces vins.
Quand vous plantez de la vigne sur des sols profonds, vous allez généralement beaucoup irriguer…enfin c’était la méthodologie à l’époque où je suis arrivé à la tête d’Harlan. Vous pourrez peut-être faire des vins d’exceptions mais ils ne pourront pas exprimer le ‘sens du terroir’, partager à la dégustation toutes les spécificités du sol, de la biodiversité… Ils pourront peut-être faire de grand Cabernet Sauvignon mais ne seront pas de bons représentant du lieu où la vigne a été cultivée. Mon objectif a toujours été de travailler dans une Winery capable de mettre en valeur, en évidence son terroir sans chercher à l’estomper. Je veux avoir, dans les vins que je fais, cette puissance, cette concentration sans pour autant avoir un côté rustique qui a l’époque était souvent présente dans ce type de vins. L’autre challenge concernait les tannins, il fallait conserver la puissance du vin tout en obtenant des tannins souples… ce qui n’est pas évident ! Tout le challenge est d’adapter le travail à la vigne, les soins qu’on y apporte, le rendement puis par la suite les extractions et le travail en chai pour obtenir puissance, concentration, élégance ainsi que tannins souples et mûrs. Nous apportons beaucoup d’importance à l’obtention d’une parfaite maturité des tannins.
Tout cela résume, je pense, notre signature, ce qu’Harlan est… ce profil de vin, cet équilibre et cette expression aromatique. Je retrouve souvent dans nos vins des aromes de sol de forêt sec, ces mêmes notes aromatiques que l’on peut sentir lorsqu’on se balade l’été dans les forêts bordant notre propriété. » (Bob Lévy)
Qu’est ce qui fait la typicité des terroirs d’Harlan ?
« La Napa Valley est très intéressante. On peut parler du terroir de cette région de manière générale ou rentrer dans les sous-régions de Napa, c’est-à-dire identifier les micro-terroir. Même si c’est une seule et même région la vallée nous offre de nombreux et différents terroirs. Lorsque Bill a commencé à chercher une propriété a acquérir il savait que historiquement les meilleurs Cabernet Sauvignon de Napa Valley ont tous été cultivés entre le Nord de Yountville et le Sud de St Héléna. Ici nous appelons cette partie le Benchlands. Sur cette localité la montagne rencontre le plat de la vallée. Les terroirs sont constitués d’alluvions. De plus lorsque la propriété fut acquise il n’y avait pas de vignoble mais uniquement de la forêt. Le terroir était donc vierge de toutes traces humaines.
Il savait dès l’origine qu’il ne voulait pas être dans le fond de la vallée où les sols sont très profonds ce qui donne des vins plus vigoureux ainsi que des vignes plus vigoureuses (plus de feuilles) et plus productives. Nous ne voulions également être ni au sommet de montagne/colline ni en pied mais uniquement sur les flancs. La Napa Valley est également plus ou moins alignée Nord – Sud. Donc si vous êtes côté Est de la vallée vous avez une bonne exposition au soleil l’après-midi. C’est une expositions plus fraiche que lorsque vous êtes sur le flanc Ouest où vous avez le soleil dès le matin… Cette fraicheur est pour nous est un avantage. Les sols sont plus fins, moins profonds et nos vignes bénéficient du petit brouillard matinal qui est apporté par l’Océan Pacifique. Ce brouillard s’étend du niveau de la mer jusqu’à environ 700 pieds d’altitude. Si vous êtes situés au dessus de cette limite l’été vous pouvez avoir entre 5 et 10 degrés de plus que chez nous. Notre altitude nous permet également d’avoir une amplitude thermique moins important avec des nuits plus chaudes que sur le plat (ou que sur les sommets) et des températures plus fraiches la journée. Tout cela nous apporte une belle acidité, de belles expressions aromatiques ainsi que des maturités optimales.
Au niveau des terroirs nous avons deux types de sols sur Harlan, l’un est volcanique, l’autre est océanique. La plus part de nos Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc et Petit Verdot sont sur les sols volcaniques alors que le Merlot est lui sur les sols océaniques. » (Bob Lévy)
Si vous deviez décrire la winery, le vin, l’atmosphère d’Harlan en quelques mots, que diriez-vous ?
« Ce que Bill aime penser et ce dont nous parlons depuis des années c’est l’idée que le vin élève nos esprits. Harlan n’est pas un simple produit de luxe ou un simple vin fin! Il fau que notre vin face vivre une véritable expérience aux consommateurs. Que cette découverte élève son esprit, sa réflexion mais aussi réveil ses sens et son coeur. Il faut que la personne comprenne toute la philosophie, la complexité, la passion et l’épicurisme qui réside dans le vin. »
Avez-vous une anecdote sur la propriété ?
« L’anecdote que je vais vous livrer ressemble plus à une philosophie qu’à une anecdote. Nous sommes trois a travailler ici depuis le début, Bill, Don Weaver (Estate Director) et moi-même. Nous sommes tous, à quelque chose prêt de la même génération. Aucun d’entre nous n’a grandit dans le secteur viti-vinicole et pourtant nous avons tous ressenti le même besoin de travailler à la campagne, d’avoir ce lien avec la nature. Nous avons également tous la même philosophie, à savoir que si vous voulez essayer de faire quelque chose il faut essayer d’atteindre le plus haut niveau, travailler et se donner les moyens. Ce que je veux dire c’est qu’aucune personne travaillant dans le monde du vin ne cherche à faire du mauvais vin. Là-dessus on est d’accord, mais ca ne suffit pas ça ! Il faut viser l’excellence, toujours chercher à faire mieux, toujours meilleur.
C’est cette philosophie qui nous a rassemblé tous les trois, qui nous a soudé sur cette même ligne directrice. J’irais même plus loin que ça, je dirais que dès le début nous étions tout les trois d’accord sur ce qu’il fallait faire pour y arriver, pour faire un grand vin. Nous étions tous d’accord sur le fait que pour réussir nous devrions comprendre et assimiler qu’il est nécessaire d’apprendre en permanence. Que tous les jours le vignoble ainsi que le travail au chai nous apprendraient quelque chose et qu’il ne fallait pas se dire : ‘Bon ok, nous avons obtenu 100 points sur ce millésime donc on en change plus rien afin d’obtenir chaque année 100 points’. C’est faux ! Il y a toujours quelque chose de nouveau à apprendre, à commencer par le fait que demain il faudra faire mieux qu’aujourd’hui.» (Bob Lévy)
Remerciements à Bob Levy pour son chaleureux accueil
Choukroun Chicheportiche Jonathan