Vinchio Vaglio
Les artisans de la Barbera
L’histoire de Vinchio Vaglio est une histoire d’amour où les habitants de deux villages (Vinchio et Vaglio) ont transformé une terre difficile et pauvre, infertile avec des pentes abruptes en une région viticole pittoresque. Cette région avec ses collines et ses vignobles surplombant les forêts a été entretenue avec un effort spectaculaire : chaque goutte de vin local de Barbera équivaut à des milliers de gouttes de sueur des agriculteurs. Vinchio Vaglio est une coopérative qui réunit 192 producteurs. Chaque associé possède au moins un avgnot (petit vignoble) qui lui est propre, ce qui est sa passion. Les règles de la coopérative stipulent que le président et le vice-président doivent provenir respectivement de Vinchio et de Vaglio Serra. Cela est dû à une ancienne rivalité entre les deux villages, qui n’a pris fin grâce au travail acharné de la coopérative et à la volonté de promouvoir le terroir. Aujourd’hui, les anciennes rivalités sont oubliées et tous les agriculteurs travaillent ensemble pour produire le célèbre Barbera. Ils font des vins blancs et mousseux ainsi que des vins de dessert comme le Moscato et le Brachetto.
Pourquoi avez-vous décidé de faire du vin ?
« Vinchio Vaglio a toujours produit uniquement du vin et n’a jamais été impliqué dans d’autres activités agricoles ou industrielles. Les deux communes (Vinchio et Vaglio) sont exclusivement dédiées au vin. 98% des vignobles appartiennent aux membres de la coopérative Vinchio Vaglio.«
Qu’est-ce que le vin représente pour vous en 4-5 mots ?
« Même en moins de mots – passion et émotion !«
Quelles sont les caractéristiques de vos vins qui vous permettent de les reconnaître en dégustation à l’aveugle ?
« Le Barbera de Vinchio Vaglio montre toujours sa personnalité unique car il s’agit d’un assemblage de raisins provenant de sols sablonneux qui transmettent de l’élégance et de la finesse à nos vins, de sols blancs qui leur donnent leur longévité et leur structure et aussi de sols calcaires rouges qui contribuent à la couleur. Ce mélange donne des vins avec une grande structure et une grande longévité qui sont accessibles presque tout de suite après l’embouteillage, mais qui vieillissent magnifiquement aussi. C’est comme du ciment qui ne devient solide que lorsqu’il est mélangé à de l’eau. Ainsi, la signature de nos vins est l’élégance, mais aussi l’accessibilité dans leur jeunesse.«
Quelles sont vos attentes vis-à-vis de la nouvelle appellation Nizza ?
« Tout d’abord, pour Nizza maintenant nous avons 18 communes et une soixantaine de producteurs qui produisent 100% Barbera sur le terroir qui permet au cépage de s’exprimer pleinement, ce qui se transmet ensuite à la qualité du vin. L’idée est bien sûr de donner de l’importance à notre terroir.«
Quels sont vos futurs projets ?
« Nous souhaitons continuer à produire du vin de qualité et entretenir notre paysage, en rémunérant bien nos membres car c’est l’objectif principal de la coopérative, afin que les vignerons puissent continuer leur travail. L’enjeu est de garder ce beau paysage et d’inciter les consommateurs non seulement à boire nos vins chez eux, mais aussi à venir voir notre région et comprendre ce qu’il y a derrière les vins, les hommes, l’effort qu’il faut pour cultiver ces vignes vallonnées, presque exclusivement à la main. Les détails font la différence. Notre philosophie est la tradition dans les vignes et l’innovation dans les chais- contrôle des températures, stabilisation et vinification protectrice.«
Avez-vous une anecdote sur la propriété ?
« Quand j’étais enfant, mon père faisait des vins à la maison, nous possédions une cave fondée en 1959. Les gens venaient souvent nous acheter des vins. Une fois un groupe est arrivé. Ils ont laissé leur camionnette derrière le virage, pour que mon père ne puisse pas les voir, et ils sont venus à pied jusqu’à la cave. Ils voulaient acheter nos vins tout de suite mais ils ont fait semblant de venir négocier. Mon père m’a dit que s’il avait su qu’ils venaient avec un camion, la conversation aurait été complètement différente. Mais ils étaient intelligents et rusés ! Cette histoire s’est passée en janvier et ils étaient prêts à acheter les vins du dernier millésime. Donc, cela prouve encore une fois que nos vins sont prêts à boire très tôt. Selon la législation Barbera d’Asti, les vins ne peuvent être vendus avant le 1er mars suivant les vendanges mais nos vins sont déjà bons à boire en janvier-février car ils sont tellement équilibrés que la fermentation malolactique se produit spontanément. Je pense que cela est dû à l’altitude des vignes.«